Blog Euroclean 3D

Le blog de la dératisation et la désinsectisation

Un locataire tire la sonnette d’alarme dans l’un des immeubles des Trois-Cités où les blattes résistent aux interventions insecticides. Rencontre.

Augusto de Alencar montre les blattes trouvées en un jour dans son appartement. - Augusto de Alencar montre les blattes trouvées en un jour dans son appartement.

Musicien d’une quarantaine d’années au large sourire, Augusto de Alencar habite Poitiers depuis près de vingt ans. Franco-brésilien, il réside au 7 de la rue des Sablonnières aux Trois-Cités, quartier qu’il trouve « très agréable », même s’il regrette la récente disparition de la pelouse au pied de son immeuble au profit de places de parking. Mais ce petit désaccord personnel n’est rien à côté de la bataille qu’il mène au quotidien contre l’infestation de l’immeuble par les blattes. Augusto entend bien faire tout ce qu’il peut pour tenter de résoudre ce problème qu’il partage avec les autres locataires?: « Je suis là depuis environ deux ans et le problème empire. Les gens n’osent pas trop en parler, c’est vu un peu comme une fatalité. C’est un quartier défavorisé, alors c’est normal qu’il y ait des blattes… »
Mais Augusto, résolument optimiste, n’a toujours pas complètement le cafard même s’il avoue « passer son temps à refaire la vaisselle et ne plus inviter personne ».
Les cafards sont presque à tous les étages. Tony, un jeune papa locataire de l’immeuble, ne supporte plus de voir un nid se reformer régulièrement derrière son frigo, « dans la salle de bain, j’en trouve même parfois sur les serviettes ». Avec son épouse enceinte et son petit garçon, ils ont même, un mois durant, déserté leur appartement. Augusto, lui, photographie ses visiteurs, fait suivre les photos à Logiparc.

Les blattes reviennent

« Sur notre demande, le bailleur fait intervenir la société Avipur basée à Migné. Il y a une progression avec trois types d’interventions?: tout d’abord un produit déposé par gouttes à des endroits de passage qui se veut efficace pendant un an, ensuite on passe à une fumigation par bombe censée tuer toutes les blattes, et enfin le truc le plus violent, une pulvérisation qui nécessite un séchage de 72 heures », explique-t-il. « J’ai eu droit successivement aux trois interventions, les blattes sont revenues à chaque fois, dès le lendemain. » Augusto n’entend pas lâcher le morceau et remettra une fois de plus l’affaire sur le tapis, le 19 novembre, à la réunion de quartier de Logiparc.

à suivre

Contacté sur ce problème, le bailleur Logiparc a expliqué la procédure usuelle mise en place pour éliminer blattes et rats?: « Deux passages sont systématiquement réalisés chaque année par une société qui réalise un traitement dans tous les logements collectifs. Malheureusement certains locataires ne veulent pas ouvrir et donc les blattes reviennent, c’est notre souci. C’est le problème que l’on a connu au 7 rue de la Sablonnière sur un logement devenu vacant et qui fait actuellement l’objet de plusieurs traitements.»

Poux, tique, punaise de lit, acarien et autres petites bêtes qui grattent sont un véritable problème de santé publique.

Mais que sait-on de nos minuscules hôtes? Ces parasites sont nombreux, ont des comportements différents et des effets négatifs qui vont de la grattouille des poux (de tête, de corps et du pubis…) à des maladies graves comme la maladie de Lyme venant de la tique ou encore la gale, dermatose fréquente provoquée par un acarien. C’est une affection très prurigineuse et très contagieuse qui peut affecter environ 300 millions de personnes chaque année. Et les punaises de lit ? New York a connu une infestation endémique en 2009/2010. Elles ne font que 4 à 7 mm, sont hématophages et leur repas dure entre 10 à 20 minutes! Attention elles sont actives la nuit et piquent pendant le sommeil.

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Les rats et les souris sont des rongeurs au succès évolutif remarquable, comme en témoignent leurs 584 espèces actuelles et leur capacité à s’adapter à des milieux très différents. Les raisons de ce succès ne sont pas encore bien élucidées: l’une d’entre elles serait leur appareil masticatoire unique parmi les rongeurs. Des chercheurs de l’Institut de paléoprimatologie, paléontologie humaine: évolution et paléoenvironnements (CNRS /Université de Poitiers) (1) viennent de décrire l’enchaînement évolutif qui a conduit les rats et les souris à acquérir cette caractéristique. Portant sur plusieurs centaines de spécimens actuels et fossiles, ces travaux ont utilisé les rayons X du Synchrotron européen (ESRF) à Grenoble. Ils ont permis de déterminer le régime alimentaire des espèces éteintes et de retracer l’histoire évolutive de ces rongeurs. Publiés dans la revue Evolution du mois de novembre 2013, ils offrent de nouvelles méthodes d’analyse pour étudier l’évolution des espèces.


Dent de rongeur herbivore étudiée avec trois indices différents.
(A) La hauteur de la couronne dentaire représente la hauteur de la dent divisée par la longueur. Un régime herbivore est considéré comme abrasif et nécessite une dent très haute pour compenser l’effet de l’usure.
(B) La complexité dentaire est représentée par le nombre de patchs visualisés en (B).
Plus la dent est complexe, plus elle sera apte à fractionner la nourriture durant la mastication
(ce que nécessite les végétaux).(C) et (D)
L’indice volumétrique représente le volume de la dent divisé par le volume total (en violet) présenté en (C) et (D).
Élaboré et testé lors de cette étude, il met en évidence l’émoussement ou au contraire le tranchant
des dents selon les régimes alimentaires.
© image réalisée par Vincent Lazzari (modifiée à partir d’une des figures du présent article).

Apparue en Asie il y a 12 millions d’années, la sous-famille de rongeurs appelée Murinae (souris, rats, etc.) s’est répandue dans tout « l’Ancien Monde » (Eurasie, Afrique, Australie) en moins de 2 millions d’années, une vitesse remarquable. Elle compte aujourd’hui 584 espèces, ce qui représente plus de 10 % de la diversité des mammifères actuels. Les chercheurs soupçonnent depuis longtemps que l’une des raisons de leur succès évolutif tient à leur appareil masticatoire unique. En effet, l’apparition de ce caractère coïncide avec une importante phase de diversification au sein de cette sous-famille et à leur rapide expansion.

Lors de cette étude, les chercheurs ont pu identifier deux moments évolutifs clés dans l’acquisition de cet appareil masticatoire. Le premier survient il y a environ 16 millions d’années, lorsque les ancêtres des Murinae passent d’un régime herbivore à un régime insectivore. Ce nouveau régime est favorisé par l’acquisition de mouvements masticatoires peu communs parmi les mammifères, dirigés de l’arrière vers l’avant mais qui continuent d’imbriquer les dents opposées. Ceux-ci leur permettent de diminuer l’usure et donc de mieux préserver des reliefs dentaires pointus, servant à percer le squelette externe desinsectes. Puis, il y a douze millions d’années, les tous premiers Murinae retournent à un régime alimentaire herbivore tout en conservant leurs mouvements masticatoires. Ceci leur permet également d’utiliser leurs deux mandibules simultanément durant la mastication. Lors de ce changement de régime, ils se dotent d’un appareil masticatoire constitué de trois rangées longitudinales de cuspides (i.e., de reliefs). Leurs ancêtres, ainsi que les autres rongeurs apparentés comme les hamsters et les gerbilles, n’en possèdent que deux, tout comme les humains.

Pour reconstruire cet enchaînement d’événements évolutifs, les scientifiques ont étudié plusieurs centaines de dents de rongeurs actuels ou disparus à l’aide du faisceau de rayons X du Synchrotron européen (ESRF) à Grenoble. Ils ont appliqué des méthodes issues de lacartographie pour analyser des modèles numériques 3D de la morphologie dentaire de ces espèces. La comparaison des structures dentaires des rongeurs actuels et fossiles leur a permis de déterminer le régime alimentaire des espèces éteintes. De plus, l’étude de l’usure de leurs dentures a permis de reconstituer le sens de la mastication, de l’arrière vers l’avant ou oblique, de ces animaux.

Cette étude permet de retracer les « tâtonnements » de l’évolution aboutissant à une combinaison morphologique à l’origine de l’étonnant succès évolutif d’une famille animale. Les méthodes innovantes employées par les chercheurs pour analyser et comparer les appareils masticatoires permettront d’étudier les changements de régimes alimentaires chez d’autres mammifères éteints. Ceci pourrait être particulièrement intéressant pour les primates. En effet, avant l’apparition des hominidés, les primates ont connu plusieurs changements de régime alimentaire qui ont influé sur leur histoire évolutive postérieure.

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